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Qu'est-ce que le « Bien vivre » et d'où ça vient ?
Le
bien-vivre est une approche qui a ses racines en Amérique Latine, plus
précisément avec les communautés autochtones d’Équateur et de Bolivie.
C'est une approche critique du « progrès occidental », et de ces formes
de vie qui cherchent dans la richesse matérielle le seul critère de
progrès.
Donc, c'est une approche globale, critique du
développement traditionnel, mais qui pointe aussi les logiques
d'accaparement de la nature et des ressources naturelles au profit des
croissances économiques.
Et ces rencontres en Arbois, elle correspondent à quoi ?
Précisément, à proposer des espaces avec les habitants d'Arbois pour discuter de ce qui a de la valeur dans leur vie.
Nous cherchons à dépasser les visions traditionnelles, où les seuls critères qui comptent sont matériels ou économiques.
Nous
pensons qu'il existe d'autres façons de mesurer la vie des sociétés en
général que le Produit Intérieur Brut et nous voulons que les habitants
d’Arbois fassent partie de cette expérience, de cette réflexion
collective et de ce diagnostic sur les dimensions qui ont réellement de
la valeur.
De pouvoir réfléchir ensemble sur les critères nécessaires pour mener une vie meilleure, en harmonie avec tous les êtres vivants et dans une dimension internationale.
Tu parles d'une « expérience » car c'est pour vous un chantier en cours d’élaboration, c'est ça ?
Oui, nous avons construit une série d'ateliers conjuguant des démarches sociologiques et d'éducation populaire. À terme, nous souhaiterions que ces types d’ateliers puissent se généraliser en partageant avec les communautés qui le souhaitent des outils de diagnostique de leur idée du Bien-Vivre.
Aussi, les zones rurales ou les communes
éloignées des centres urbains ne sont pas suffisamment considérées dans
ce type d'études. Une vision des besoins du monde rural par leur
habitantEs nous semble dorénavant plus qu’indispensable.
Du coup il y a 3 étapes avec le même groupe de personnes sur le principe et à la fin, les méthodes pédagogiques que vous aurez utilisées devraient permettre de dégager des grandes idées sur la notion du bien vivre à Arbois ? Est ce que c'est ça complexifier les Savoirs ?
Oui, ce que nous voulons, c'est pouvoir aborder les dimensions qui comptent pour les Arboisiens en termes de « Bien-Vivre ».
Identifier
les principales causes d'inconfort pour les habitants, mais aussi
explorer ce qui définit le territoire et quelles projections vers
l'idéal du territoire pourraient être faites.
L'idée est alors
de pouvoir associer le savoir populaire à certains concepts et
techniques issus des sciences sociales. Cela devrait permettre aux gens,
à travers des discussions, de complexifier le "sens commun" et
d'identifier eux-mêmes les dimensions, les valeurs et les éléments qui
définissent leur bien-vivre.
Nous voulons que des dimensions
telles que la vie quotidienne des personnes soient prises en compte.
Mais nous voulons aussi faire le lien avec les réalités lointaines des
habitants d'autres pays car le bien-vivre implique aussi de réfléchir
aux liens que notre mode de vie actuel entretient avec d'autres peuples.
C'est-à-dire que notre mode de vie est possible parce qu'il est lié à
de multiples acteurs et personnes.
Ainsi, à travers trois
réunions, nous devrions identifier le bien-vivre en question, les liens
qui composent notre territoire, ainsi que l'idéal de notre bien-vivre.
Pour finir avec un espace de réflexion et d'analyse commune des
résultats des ateliers.
Eh bien on vous souhaite la bienvenue en Arbois, en espérant que les ArboisienNes seront au rendez-vous de votre invitation qui donne envie d'en savoir plus... Merci à toi.
Merci ! Nous sommes aussi très enthousiastes avec cette collaboration.