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« Aujourd’hui, on est là pour exprimer de l’effroi et notre colère une fois de plus parce que vendredi dernier, à Trappes et à La Verrière, un attentat terroriste raciste a été commis. Un mort. Cinq blessés, dont trois graves.
En notre nom à toutes et tous, je me permets de dire notre compassion à la famille et aux proches de Pengo Bossio Wangi. Notre compassion, elle va aussi aux blessé·es, et particulièrement à cette petite fille de 12 ans touchée par huit balles. Enfin notre soutien plein et entier va à toutes celles et ceux qui, aujourd’hui en France, sont montré·es du doigt, et qui se sont dit : Ça aurait pu être moi.
Cet attentat, il n’est pas tombé du ciel. Il est le fruit d’années de banalisation de l’extrême- droite. Le fruit d’un racisme d’atmosphère, qu’on entend dans les salons feutrés, sur les plateaux télé et dans les discours d’une droite qui se disait autrefois républicaine.
Il y aurait beaucoup de responsables à nommer mais je préfère dire une chose qui résume les responsabilités : le silence tue.
Le silence, c’est celui des journalistes qui, depuis des années, n’opposent que des remarques polies au racisme décomplexé de leurs invités.
Le silence, c’est celui de la machine à café, quand on laisse passer la blague raciste du collègue sans rien dire.
Le silence, c’est celui de la police, qui laisse des milices d’extrême droite agir sous ses yeux, et parfois à ses côtés comme ce week-end dans de nombreuses villes.
Le silence, c’est celui de l’État, qui laisse défiler les néonazis chaque 9 mai, et qui les a encore laissés défiler la semaine dernière à Lyon, en plein couvre-feu.
Le silence, c’est aussi ce qu’on ne voit pas. Neuf milliardaires possèdent 90 % des médias. Il y a l’empire Bolloré, qui normalise au quotidien. Il y a Pierre-Édouard Stérin et ses banquets du « Canon français », qui stigmatisent au nom de la tradition.
Chaque silence sont autant de « pas » sournois qui piétinent le vivre-ensemble depuis des années et mènent aujourd’hui à la mort, trop souvent dans l’indifférence générale.
Federico
Martín Aramburú, Mahamadou Cissé, Hichem Miraoui, Aboubakar Cissé,
Djamel Bendjaballah, Ismaël Aali.
Et aujourd’hui, Pengo
Bossio Wangi.
Ces noms, on se doit de ne pas les oublier. Ils sont devenus des symboles qui rappellent à toutes et tous que le racisme et l’extrême - droite tuent aujourd’hui encore en France. Depuis 2022, c’est déjà plus de dix morts et une vingtaine de blessé·es graves. Et à chaque fois, c’est la même chose : on minimise, on invisibilise et on oublie vite.
Le racisme, ce n’est pas une opinion, c’est un délit qui mène à la haine et à la mort.
Alors oui, il y a une responsabilité individuelle de chacune et chacun, mais il y a aussi et avant tout une responsabilité politique, médiatique et étatique.
Au sommet de l’État, il y a Emmanuel Macron.
Celui qui a été élu par deux fois pour barrer la route à l’extrême droite. Qu’ a-t-il fait ? Il a fait voter une loi immigration avec les voix du RN.
Il a laissé ses ministres reprendre les mots de l’extrême droite.
Il a parlé lui-même de « décivilisation », et renvoyé dos à dos ceux qui combattent le racisme et ceux qui le portent. Il a pratiqué le « en même temps », et ce « en même temps » a fait le lit de l’extrême droite.
Pour finir, je veux malgré tout parler d’espoir.
L’espoir d’une société qui subit, mais qui lutte.
L’espoir de ces nouveaux visages qu’on voit dans les manifs ces derniers temps. L’espoir que ces colères deviennent conscience politique.
L’espoir de cette nouvelle génération qui refuse le chacun pour soi et se mobilise »
Il n’y a que les batailles qu’on mène de front que nous pouvons gagner donc les amis, continuons de faire vivre cet espoir. Un autre monde est possible.
Luttons pour le faire advenir !
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