Espace d'expression indépendant, solidaire et engagé, vous trouverez ici les articles de la rédaction Trente-neuf degrés
Du côté des ronds-points.
La journée a commencé à Arbois, où un rassemblement spontané a eu lieu, dès 10 heures.
Rien n'avait été acté au préalable. Les organisateur·e·s avaient initialement appelé à rejoindre les grandes villes, mais les déplacements forcés imposés par Macron, les maires et les préfectures pour désorganiser les mobilisations ont renforcé l'idée de se retrouver le matin même sur le rond-point.
« Ce matin, nous nous sommes à nouveau mobilisé•es sur le rond-point de la RN83 à Arbois pour appeler les automobilistes à nous rejoindre dans la lutte pour une vie digne pour tous.
On a eu un très bon accueil au son des klaxons et de rapides échanges au bord de la route. »
Sur les ronds-points du Rocher (Montmorot) et de l’Étoile, des barrages de police arrêtaient des véhicules pour des contrôles, et empêchaient par leur présence dissuasive les rassemblements.
Rassemblement à Lons le Saunier.
Les arrêtés préfectoraux interdisant certains périmètres de Lons le Saunier n’ont pas empêché une mobilisation importante ce samedi à partir de 14 heures, par une population déterminée à faire entendre sa colère et ses revendications, au nom de la jeunesse, des travailleur·euse·s et des retraité·e·s. Les syndicats CGT, FSU, Solidaires, les associations et organisations politiques étaient présent·e·s en soutien à cette mobilisation de convergence, et ont appelé à rejoindre la grève interprofessionnelle du 5 novembre et les manifestations associées.
Après un temps de prises de paroles et de chants sur la place de la Liberté par Les Révolté·e·s de la clé des Sols qui ont distribué les paroles écrites afin de faire chanter la foule, environ 400 manifestant·e·s se sont élancé·e·s dans les rues de la ville, se scindant en deux cortèges qui se sont rejoints sur le parcours, dans le calme et une ambiance festive, afin de porter les revendications contre la vie chère, pour la défense des services publics et la justice sociale.
« Dans la rue, il y a des visages qu'on ne voit pas d'habitude en manif. C'est le signe que la colère est partout et que le peuple Français est éduqué et clairvoyant. Cette colère, elle a un débouché politique. Vivement 2027 ! »
Voici des extraits de l’intervention d’une militante du NPA.
« Multiforme, explosive, festive, jeune, la mobilisation du 17 octobre a rassemblé des lycéen·ne·s, des étudiant·e·s, des salarié·e·s, des paysan·ne·s, des retraité·e·s en colère contre leurs conditions de vie, indigné·e·s par la répression, les injustices sociales, l’écocide et le racisme.
Notre mouvement porte des exigences claires pour une autre répartition des richesses :
La satisfaction des revendications de la jeunesse mobilisée, l’augmentation des salaires et des retraites, le blocage des prix, des moyens pour les services publics, notamment dans l’éducation et la santé (en particulier la sécurité sociale) la taxation des riches et des profits, la fin des cadeaux aux grandes entreprises, le financement des besoins sociaux et de la rupture écologique (…)
II faut que les classes populaires s’emparent de la question politique, s’organisent, choisissent leurs représentant·e·s issu·e·s du monde du travail, des quartiers, de la jeunesse, pour construire une réelle démocratie.
Minoritaire à l’Assemblée, minoritaire dans le pays, ce pouvoir est illégitime, pas nos revendications ! Ce gouvernement de casseurs ne comprend que le rapport de force. Pour les faire tous dégager, construisons dès aujourd’hui la grève générale et le blocage de l’économie. Et ne nous trompons pas, le RN ne sera jamais la solution. L’extrême-droite n’aura jamais sa place dans nos combats ! »
Quelques échanges verbaux ont eu lieu avec la police quand vers 16 heures une centaine de manifestant·e·s a voulu se diriger vers un rond-point, mais a décidé finalement de retourner vers le théâtre afin de décider des mobilisations à venir.
Trente Neuf Degrés a recueilli la parole d’une personne témoignant ainsi que deux autres d’un incident en marge.
« À l’écart du défilé cet après midi à Lons , dans une rue adjacente j’ai repéré un groupe de 4 ou 5 enfants racisés alignés contre un mur par des gendarmes qui les prenaient en photo. Le temps que j’approche, les gendarmes étaient repartis, et j’ai discuté avec les enfants. Ils m’ont dit qu’on leur avait demandé leurs papiers, leur adresse, leur nom et leur date de naissance (?) ils étaient très effrayés et n’avaient rien à voir avec la manif. C’était juste des gamins d’un village voisin qui étaient descendus se balader en ville. On n’avait jamais vu ça à Lons, ça nous a choqué »
La date de samedi 31 octobre a été retenue pour le troisième acte, qui s'annonce unitaire et résolu à se faire entendre malgré les intimidations.
![]() | Michèle Franey- Brochot |