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Il est 7h 30 ; à ma fenêtre il pleut des seaux. C’est dommage mais ce n’est pas grave, aujourd’hui se vivra petit à petit, avec la force des rencontres qui se feront sur le rond-point, car c’est un nouveau rendez-vous qui n’avait pas eu lieu depuis « On bloque tout » sur ce rond-point le 10 septembre 2025* . Il s’agit de ces journées qui doivent être vécues pour se rencontrer, se compter, créer de la culture commune et construire des revendications partagées.
Le soir, suite à l’assemblée générale des propositions et réflexions seront écrites sur des papiers anonymes .
· C’est qui la
cible ?
·
Quelles actions contre la société de consommation ?
·
Comment on branche la prise de conscience ?
·
Il faut toucher les parasites, à travers une grève lourde et
conséquente avec de l’entraide pour tenir.
·
Pas d’autre solution qu’un mouvement politique
puissant.
· Harceler les députés et le préfet en leur demandant ce qu’ils
font pour nous protéger, si tous les jours ils reçoivent 50 ou 100
mails sur un même thème, ça peut être efficace.
· Oui à la désobéissance civile. Il ne faut pas se tromper de cible: les gouvernants qui ne nous écoutent pas. Il faut aller à la
rencontre des députés et les confronter à leurs votes :
pourquoi ils soutiennent l’agrochimie et les méga-
riches.
· Lieu
de rencontre non marchand, squattons les églises !
·
Mieux vaut embêter les députés plutôt que Super U.
Un accueil chaleureux auprès des automobilistes.
La journée de protestation initialement organisée symboliquement autour du retour des Gilets Jaunes est largement soutenue par la population, la situation est claire, les gens ne veulent plus de la violence de l’état, du mensonge des médias, de la désorganisation de la société, de l’absence de perspective pour une vie et un avenir digne. Un Gilet Jaune a accepté de nous expliquer sa démarche :
Trente Neuf Degrés : Que dis-tu aux gens sur ce rond-point ?
« Je leur dis que j’ai pas envie qu’on envoie nos enfants et petits- enfants en Ukraine se battre contre les russes parce que ce n’est pas notre problème. Je leur dis qu’en France il y a une dégradation totale de tous les services publics et que l’ensemble de notre vie quotidienne se dégrade de jour en jour ; qu’il n’a plus aucune perspective, que dans le monde entier les étudiant·e·s et les jeunes se défendent et se battent et nous les personnes âgées, les retraité·es, on doit les aider, on ne peut pas leur donner un monde comme celui qu’on est en train de vivre ; ce n’est pas possible. L’oligarchie mondiale est en train de mettre la main sur la totalité des richesses, il y a des gens de plus en plus pauvres face à des gens de plus en plus riches et ce n’est pas supportable. Voilà ce que je dis aux gens. »
L’autodétermination des mobilisations et leurs capacités de résistances.
Considérant que le besoin principal de la classe dominante est la reproduction de sa condition sociale ainsi que le maintien de l’environnement propice à ses affaires, il est logique de considérer que la seule limite à l'exploitation de cette classe dominante sur les corps et la nature, c'est la résistance qui lui sera opposée.
Mais alors comment s’organise la résistance ? Comment s’est-elle organisée dans le passé ? voilà deux questions à creuser dans un bassin de vie qui a éprouvé la ligne de démarcation lors de la seconde guerre mondiale *.
Durant cette journée sur le rond-point d’Arbois, plus de 80
personnes sont venues braver le froid et la pluie pour affirmer leur
présence. Beaucoup se connaissent, d’autres se rencontrent. Les
militant·e·s des organisations locales apportent la logistique pour
organiser l’arrière base de la manifestation et fabriquer
collectivement les panneaux de revendications pour la journée.
Il
traîne une ambiance d’entre- deux : pas de commandement dans
l’organisation, tout le monde est légitime à initier sur ce
rond-point ce qui lui semble important; pourtant, peu d’initiatives
se structurent seules, et on laisse faire les « habitué·e·s »
de l’organisation des manifestations, on vient « en
soutien ». Toutefois, le café, le thé et les gâteaux
arrivent tout
au long de la journée. Après avoir hésité à ranger le camp de
base du rond-point à 15h00, la venue régulière de petits groupes
fait tenir la journée. A l’acte deux, le village militant sera
forcément encore mieux organisé et les nouveaux prendront leur place.
Agir dans la joie militante.
La gravité des sujets pour lesquels les citoyen·ne·s se mobilisent doit se construire dans un engouement et une joie militante propre à la résistance sans être diluée dans des organisations joviales et festives en perte de signification politique. Une ligne de crête pas toujours facile à cultiver. A Arbois, ce 17 Octobre, la journée s’est terminée par un super repas à prix libre organisé par une cantine mobile ainsi qu’un dynamique set musical proposé par le célèbre ParticulX ! Face à la morosité ambiante dans lequel on baigne, répondre par la joie est une force incroyable.
La question de la violence au cœur de l’assemblée générale
Le soir, une assemblée générale était proposée pour faire le
point sur les ressentis de la journée, échanger sur l’avenir et
partager les réflexions. Un micro de bonne qualité a permis une
écoute active des 40 participants dans des prises de paroles
respectueuses de chacun en vue de construire de la pensée critique
collective.
L’héritage des mobilisations Arboisiennes
toujours construites dans une volonté d’accueil du plus grand
nombre, de mise à disposition d’ un espace sécurisé et sécurisant
pour les enfants, d’absence d’une logique de confrontation mais
de sensibilisation à la légitimité des revendications a toujours
produit une ambiance calme et apaisée avec les automobilistes, les
forces de l’ordre, les passants. L’absence de réponse politique
des gouvernements successifs à leurs revendications est venu
questionner les participant·e·s sur les formes d’action possibles pour
obtenir satisfaction de ses revendications. Faut-il outrepasser les
cadres légaux, Faut- il bloquer l’économie ? Qu’est-ce que
la violence ?
La violence, une question centrale dans les luttes révolutionnaires.
Violence de la précarité,
violence institutionnelle, violence des conditions de travail et
d’apprentissage dégradé ne doivent pas être oubliées pour
comprendre la colère des personnes opprimées.
L’homme
d’église Dom Hélder Câmara *, adepte de la non-violence, dénonçait
3 types de violences dans l’une de ses théories :
La violence institutionnelle : Elle incarne la violence
structurelle de la société en place (notamment capitaliste) qui
s'exerce de manière silencieuse et légale par l'exploitation et
l'injustice sociale.
La violence révolutionnaire :
Perçue dans les luttes radicales comme une réaction légitime des
opprimés pour briser la première violence.
La
violence répressive : Celle par laquelle l'État et les classes
dominantes utilisent la force publique pour écraser la révolte et
préserver l'ordre établi.
Il dénonce l'hypocrisie qui
consisterait à condamner uniquement la violence révolutionnaire en
occultant la violence institutionnelle originelle et la violence
répressive qui s'ensuit.
Face à un gouvernement sourd
aux revendications, que faut -il faire ? Une question qui n’a
pas trouvé réponse lors de cette assemblée Générale.
Références.
- Sur
la fête, la joie
militante.
https://www.mediapart.fr/journal/france/141026/revolte-de-la-jeunesse-la-fete-comme-arme-destructrice-d-un-pouvoir-tout-gris
- Le 10 septembre 2025 à Arbois
Trente Neuf Degrés | 10 septembre : crépuscule d'un village
- Arbois, ligne de démarcation
https://racinescomtoises.net/index?/category/4225-la_ligne_de_demarcation
- Dom Hélder Câmara
https://www.gauchemip.org/spip.php?article10112
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