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A L’EHPAD DE LA CHÂTELAINE , SOIGNANT·E·S EN GRÈVE CONTRE LA DÉGRADATION DE LEURS CONDITIONS DE TRAVAIL

A L’EHPAD DE LA CHÂTELAINE , SOIGNANT·E·S EN GRÈVE CONTRE LA DÉGRADATION DE LEURS CONDITIONS DE TRAVAIL

A Montmorot, le personnel soignant de l’Ehpad de la Châtelaine en grève depuis le 13 octobre dénonce des conditions de travail intenables.

Depuis le 13 octobre, les soignant·e·s se sont mis·e·s en grève pour alerter sur des conditions de travail fortement dégradées qui affectent le personnel ainsi que les résident·e·s.

« Aujourd’hui pour nous, c’est une première. En arriver là, pour des agents qui travaillent dans le social, dans la santé, c’est extrême, et il faut entendre ce message qui nous semble t-il ne l’a pas été suffisamment jusqu’alors : NOUS SOMMES ÉPUISÉS ET EN COLÈRE ; chacun de nous porte une charge physique et mentale plus lourde qu’elle devrait l’être. Derrière un agent il y a d’abord un humain, avec ses forces et ses faiblesses, ainsi qu’une ressource en énergie limitée, d’autant plus si celle-ci n’est jamais re-alimentée. L’épuisement professionnel de l’équipe s’est nettement aggravé cet été, qui fut le plus difficile qu’on ait connu de l’histoire de l’établissement. Il perdure encore aujourd’hui. Troubles du sommeil, anxiété, perte de sens au travail, fatigue dès le réveil, irritabilité, troubles de l’humeur, CECI est notre quotidien. »


Le 20 octobre, une délégation des membres du syndicat CGT des retraité·e·s multipro s’est rendue sur les lieux de l’établissement La Châtelaine afin de rencontrer le personnel en grève et d’écouter leurs doléances. Notre correspondante Trente Neuf Degrés était présente.

«  Nous avons commencé la grève il y a huit jours, mardi dernier ; nous sommes 80 % du personnel à faire grève dès le départ côté infirmiers, aides-soignants, AESH , lingères, secrétaires de direction. On a reçu du soutien de deux collègues travaillant à Edilys, et du soutien de la CFDT et la CGT, ainsi que la participation actives de familles de résident·e·s. On dépend de Lons et non pas de Montmorot, et l’ancien maire de Lons Mr Ravier ainsi que Mr Gaffiot nous ont rendu visite. On a le moral , on se soutient les un·e·s les autres cependant la fatigue est là. On a beaucoup de revendications concrètes et on souhaite être entendu·e·s. 

Jusqu’à présent, la direction nous demande de justifier de soins défaillants inscrits au planning, alors que c’est justement à cause du manque de personnel qu’on ne peut pas les assurer. Quand on est 3 seulement, on ne peut pas en 3 heures assurer les douches de 40 résidents, par exemple. La direction nous reproche aussi que toutes les chambres ne soient pas remplies, et d’en être co- responsables. Mais ces chambres ne sont pas remplies depuis bien avant qu’on se soit mis en grève ! »   

Les grévistes se sont enquis·e·s  auprès des membres de la CGT présentes de l’application du droit de grève, du droit du travail concernant les heures supplémentaires et les horaires de travail, des  attributions de congés et de leur refus  pour des nécessités  de service, ainsi que des droits spécifiques aux stagiaires en ce qui concerne les horaires et les tâches à effectuer, au vu du cas d’un stagiaire mineur  dans l'établissement.


Le collectif gréviste revendique, pour tous les agents de la Châtelaine :

- des revalorisations salariales : passage anticipé d’échelon, passage en classe supérieure, augmentation de la prime de nuit, de dimanches et de jours fériés, rémunération des heures supplémentaires (poste allongé/jour travaillé non prévu au planning ce qui permettra de remplacer une partie des absences dues à des arrêts par exemple)

- une prime exceptionnelle en reconnaissance de la forte pénibilité de travail qui a été la notre tout l’été, versée à tous les agents.

- le passage en CDI des agents contractuels qui le souhaitent.

- le retour des formations, droit qui est bafoué depuis des années.

- que les congés annuels et RTT soient validés sans qu’on nous demande de gérer nous-mêmes notre remplacement.

- remplacement du matériel vétuste, défectueux ou manquant.

- pour les agents d’entretien, un effectif constant, une organisation claire du travail, l’équité entre agents pour la répartition des postes de matin et d’après-midi le weekend.

pour les aides soignants, recrutement d’un aide-soignant de jour et d’un aide-soignant de nuit ; recrutement de contrat de remplacement ; un effectif constant du lundi au dimanche et le remplacement des agents absents de façon systématique et prioritaire.

Sans cela, ni dignité ni sécurité ne peuvent être assurées à nos résident·e·s, et nous entrons dans la maltraitance institutionnelle.

Le collectif attend d’être reçu par la direction, et espère que des propositions concrètes vont émaner de la mairie de Lons qui devrait organiser dans les jours à venir une conférence de presse traitant de ce sujet qui  impacte gravement la situation des personnels et des résident·e·s de la Châtelaine.

Michèle Franey- Brochot


Retraitée engagée dans les droits humains, l'écologie et les luttes sociales

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