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LES JOURNALISTES DU PROGRÈS EN GRÈVE : L’IA VA SUPPRIMER LEURS EMPLOIS.

LES JOURNALISTES DU PROGRÈS EN GRÈVE : L’IA VA SUPPRIMER LEURS EMPLOIS.

Le vendredi 9 octobre 2026, à l’initiative du Syndicat national des journalistes (SNJ), les journalistes du groupe EBRA, propriétaire du journal Le Progrès, sont en grève afin d’exprimer leur opposition au plan de départs volontaires associé au plan de sauvegarde de l’emploi établi par le groupe. Trente Neuf Degrés s’est rendu devant les locaux du Progrès à Lons-le-Saunier et a recueilli les déclarations du représentant syndical du SNJ.


« Sur le Jura, suite à l’appel du SNJ, l‘essentiel du personnel est massivement en grève pour soutenir un mouvement initié au niveau du groupe Ebra, auquel appartient Le Progrès. Ce groupe détient neuf titres de presse dans l’Est de la France et est contrôlé par le Crédit Mutuel, lequel a enregistré un bénéfice de 4,8 milliards d’euros l’année dernière.
Il a été décidé une introduction massive de l’IA dans notre travail, ce qui a généré un plan de départs volontaires adossé à un plan de sauvegarde de l’emploi. Au total, sur les 3200 personnes qui travaillent pour le groupe Ebra dans l’est de la France, il va y avoir 400 suppressions de postes. Pour le Progrès lui-même c’est 60 départs et 37 postes supprimés, essentiellement dans le service où les journalistes montaient les pages, puisque cette partie du secrétariat de rédaction va être massivement impactée par l’arrivée de l’IA qui fera elle-même dans un temps record (sous supervision humaine, nous dit-on) la mise en page faite auparavant par des êtres humains.

Il y a également un peu d’IA qui va être introduite pour ceux qui vont rester et sont affectés à la relecture de la copie de nos correspondants locaux, et qui auront la possibilité de traiter cette copie avec l’aide de l’IA; quelques outils de l’IA - que nous n’avons pas très envie d’utiliser - seront aussi mis à la disposition de la rédaction pour les journalistes professionnels, mais qu’il leur faudra tout de même utiliser pour valider leurs articles. On pourra conserver l’original de notre travail, mais il faudra passer par les propositions de l’IA pour que l’ article soit mis à disposition.
C’est contre tout cela qu’on proteste aujourd’hui. Plus spécifiquement dans le Jura, quasiment 100 % de l’agence de Lons le saunier est en grève, à part quelques absents pour congés, les personnels en poste à St Claude sont en grève, il n’y a qu’à l’agence de Dole qu’une professionnelle travaille, et que deux CDD sont en congés aujourd’hui.
Le Progrès emploie également des correspondants locaux pour couvrir les évènements locaux un peu partout dans le Jura; ils sont rémunérés à l’article mais ne sont pas des journalistes professionnels. Ils vont être particulièrement affectés car si le secrétaire de rédaction estime que l’article doit être réduit de 1500 signes à 800, il aura juste à appuyer sur un bouton pour réduire l’article, cela fera un texte extrêmement factuel où on ne retrouvera pas une ambiance, un contexte. Les journalistes affectés à cette tâche, seront obligés de le faire même s’ils ne le souhaitent pas, car ils auront une telle quantité de travail calculé sur l’aide que l’IA peut leur apporter qu’ils n’auront pas le choix entre sélectionner 800 signes respectant l’esprit du papier, et appuyer sur le bouton de l’IA. Il est évident que pour un être humain, cela prend un peu de temps de transformer 1500 signes en 800 signes, alors que l’IA le fera en quelques secondes. »

Vidéo :

Michèle Franey- Brochot


Retraitée engagée dans les droits humains, l'écologie et les luttes sociales

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