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Lons-le-Saunier : “Palestine, que pouvons-nous faire ?”

Lons-le-Saunier : “Palestine, que pouvons-nous faire ?”

Rassemblement en soutien au peuple palestinien et appels à des actions concrètes

Samedi 18 avril à 14h, une vingtaine de personnes se sont rassemblées à Lons-le-Saunier autour d’une question centrale : que pouvons-nous faire ? Un temps de mobilisation consacré à la solidarité avec le peuple palestinien et à la mise en avant de leviers d’action concrets.

Une situation dénoncée et des actions affirmées

Dès la première intervention, la situation à Gaza et en Cisjordanie a été dénoncée avec gravité, évoquant la poursuite des violences et le nombre massif de victimes civiles, notamment parmi les enfants.
Dans le même temps, plusieurs actions ont été clairement affirmées et appelées à être renforcées :
• poursuivre la mobilisation internationale pour les droits du peuple palestinien sur la base du droit international et de la protection des populations civiles ;
• faire pression sur le gouvernement français pour obtenir l’arrêt des ventes d’armes à Israël et soutenir la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, notamment via une pétition en ligne ;
• intensifier le boycott des produits israéliens ainsi que des entreprises et institutions impliquées dans le soutien ou le financement du système dénoncé.
 
Témoigner par les mots

Le rassemblement a également donné une place aux lectures de poésies d’auteur·ices palestinien·nes, comme forme de témoignage et de résistance par les mots, autour des thèmes de l’exil, de la mémoire et de la dignité.

Ainsi que le témoignage du Dr Abu Abel Mughaisib, de Médecin Sans Frontières (MSF):

"À Gaza, le temps n’existe plus, le 18 août 2025.

 Un enfant n'a pas le temps de pleurer devant le corps de ses parents avant de réaliser qu'il est désormais orphelin. Les blessés n’ont pas le temps de crier de douleur. Leurs plaies, physiques ou invisibles, n'ont pas le temps de cicatriser. Les hôpitaux n’ont pas le temps de souffler avant de voir arriver une nouvelle vague de blessés. Une femme enceinte n’a pas le temps de pleurer pendant qu’elle accouche. Les estomacs affamés se tordent en silence, ils n’ont pas le temps de crier famine. Les familles n'ont pas le temps de faire un deuil qu'un nouveau décès les accable. Elles n’ont pas le temps d’enterrer leurs morts avec dignité. Pas le temps de dire au revoir à ceux qui ont disparu sous les décombres. Pas le temps de reconstruire ce qui a été détruit, parce que la destruction revient chaque fois plus rapidement. La vie ici ne se compte plus qu'en secondes et en minutes ; chaque instant est volé à la survie, pas le temps de réfléchir à où aller à chaque nouvel ordre d’évacuation. Pas le temps pour le stress, pour la panique ou pour la peur. Les déplacements n’attendent pas, pas plus que les bombes ni la mort, pas le temps pour le silence. Ici même le silence est brisé par le bruit des frappes aériennes."
 
"Il n’y a plus de Gaza, 14 septembre 2025

Cette nuit, la ville de Gaza a un air de fin du monde. Des frappes non-stop plus fortes, plus proches, plus dures que tout ce à quoi nous avons assisté jusque-là. Des familles jetées dans la rue de force, courant dans tous les sens. Des mères tenant un enfant par la main, l'autre dans les bras. Des vieillards trébuchant sans rien d’autre que leurs vêtements sur le dos. Ce n’est pas une métaphore, ce n'est pas une façon de parler. C’est ce qu’il se passe, en ce moment même. La route côtière entre le nord et le sud de Gaza croule sous les camions et les voitures. Les vagues de déplacement sont plus massives que la première fois et au fond tout le monde sait que cette fois, ce ne sera pas temporaire. Il n’y aura pas de retour. Le deuil a envahi les rues. Les familles dorment à même le sol. Et pourtant, cela continue. Sans fin, sans pause, sans pitié. Nous vivons un cauchemar auquel l’histoire n’avait encore jamais assisté."

Échanges et soutiens

Des échanges ont eu lieu avec les passants, donnant lieu à des soutiens et à des discussions autour des différentes formes d’engagement proposées, dans une atmosphère globalement solidaire.

Présences militantes

Des militants de Attac, de La France insoumise, du NPA, de Solidaires ainsi que d’autres acteurs associatifs locaux étaient présents, témoignant d’une convergence d’engagements autour de la solidarité internationale.

Vigilance politique

Enfin, il a été rappelé le retrait temporaire de la proposition de loi dite « Yadan », perçue par de nombreux signataires d’une pétition comme une tentative de restriction de la liberté d’expression liée à la solidarité avec la Palestine, appelant à maintenir une vigilance face à sa possible réintroduction.

Dans un contexte de durcissement des conflits et des prises de position internationales, la mobilisation de Lons-le-Saunier a posé une question simple et directe : comment agir concrètement, ici, face à ce qui se joue là-bas ?

Laplagne Alain

Militant associatif et politique

Rédacteur Trente-neuf degrés

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