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La semaine dernière, nous apprenions par voie de presse que le
département du Jura entendait suspendre – officiellement pour des
raisons budgétaires - l’accueil des mineurs étrangers isolés.
Rappelons que l’aide sociale à l’enfance est une des compétences des départements!
Et que, depuis des années, certains d’entre eux tentent d’obtenir de l’Etat qu’il
s’implique
davantage dans une politique coûteuse aux retombées politiques bien
trop limitées aux yeux d’élus soucieux de verser des subventions et de
couper des rubans.
La décision de la majorité départementale,
qui bafoue les engagements internationaux de la France tout autant que
les valeurs humanistes et républicaines sur lesquelles nous prétendons
fonder l’action des pouvoirs publics et des collectivités, est en vérité
à la fois absurde et scandaleuse.
Elle est absurde car l’équilibre
budgétaire du département ne tient pas à l’accueil de quelques dizaines
de gamins – qui risquent d’être « pris en charge » par des réseaux
illégaux – drogues, vols, prostitution - au lieu d’aller à l’école.
Elle est scandaleuse car elle constitue une forme de préférence nationale chère
à l’extrême droite et alimente de façon irresponsable les rumeurs et les fantasmes racistes.
Nous exhortons le Conseil départemental à renoncer à ce choix inique,
idéologique et non budgétaire compte tenu des moyens alloués par ailleurs aux politiques routières et aéroportuaires.
Nous engageons le Conseil départemental à assumer sans faux-fuyants ses
compétences et à remédier à l’indigence de sa politique de protection de l’enfance.
Nous demandons au préfet du Jura de ne pas alimenter la machine à fantasmes et de faire appliquer la loi, comme il le doit.
Nous
demandons enfin au gouvernement, si prompt à dégainer le carnet de
chèques au profit de quelques projets pharaoniques, de s’engager, comme
le demandent les professionnels du secteur, dans un plan Marshall pour
la protection de l’enfance.
Solidaires des associations qui assurent l’hébergement de ces jeunes, des
enseignants qui les accueillent dans leurs classes, des citoyens mobilisés à leurs
côtés,
nous serons présents à l’appel d’Attac le lundi 18 décembre, à 18H
place de la Liberté à Lons-le-Saunier pour dénoncer la politique
migratoire en vigueur et l’absence de moyens au service de la
solidarité.