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À l’initiative du collectif Dole Palestine, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées à Dole, samedi 19 septembre, pour réaffirmer leur soutien au peuple palestinien. De la place Grévy à la sous-préfecture, les prises de parole ont porté sur la situation à Gaza, les violences en Cisjordanie, la colonisation et les responsabilités de la communauté internationale.
À quelques jours de la Journée internationale de la paix, le collectif Dole Palestine avait appelé à une nouvelle mobilisation dans les rues de Dole. Le rassemblement a débuté place Grévy avant de se poursuivre place du 8-Mai, puis devant la sous-préfecture.
Autour du collectif, plusieurs organisations étaient représentées : le Réseau pour la paix en Palestine, le PCF, la Libre Pensée et La France insoumise. Laurence Bernier, Nadine Herrmann, Françoise et Patricia ont successivement pris la parole devant les participants.
Un même fil conducteur traversait les interventions : dénoncer les violences subies par les Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, mais aussi demander aux gouvernements, et notamment à la France, de prendre des mesures concrètes.
Les interventions n’ont pas porté uniquement sur la situation dans la bande de Gaza. Plusieurs prises de parole ont insisté sur les violences en Cisjordanie : expansion des colonies, attaques de colons, restrictions de circulation, confiscations de terres, destructions et déplacements de populations.
Laurence Bernier, pour le Réseau pour la paix en Palestine, a ainsi appelé à « la fin de l’occupation, de la colonisation et des politiques d’apartheid », tout en demandant l’arrêt des agressions israéliennes à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem.
Elle a également insisté sur le rôle de la France. Si la reconnaissance de l’État de Palestine est présentée comme un geste important, elle estime qu’elle ne peut suffire en l’absence de mesures destinées à faire respecter le droit international.
« Il est temps de passer de la parole aux actes ! », a-t-elle lancé.
Parmi les revendications formulées figuraient notamment l’arrêt du commerce d’armes avec Israël, des sanctions contre le gouvernement israélien, la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, la protection de l’UNRWA ainsi que l’application des mandats d’arrêt délivrés par la Cour pénale internationale.
Laurence Bernier a également rapporté quelques mots échangés avec Hala Abou Hassira, ambassadrice de Palestine en France : « Les Palestiniens gardent espoir. Merci de continuer à vous mobiliser. »
La question des sanctions européennes était particulièrement présente dans les interventions.
Le 8 septembre, douze pays, dont la France, le Royaume-Uni et le Canada, ont annoncé leur intention d'imposer des restrictions nationales au commerce de biens provenant des colonies israéliennes en Cisjordanie, ou de soutenir des restrictions européennes en ce sens. Les douze gouvernements ont également appelé à mettre fin à l'expansion des colonies et à faire répondre de leurs actes les auteurs de violences contre les Palestiniens.
À Dole, les participants ont toutefois demandé à ce que ces annonces soient suivies d'effets concrets.
Pour Nadine Herrmann, au nom du PCF du Bassin dolois, « les déclarations ne suffisent plus ». Son intervention s'est concentrée sur la situation à Gaza et sur les violences en Cisjordanie.
Elle a notamment dénoncé ce qu'elle considère comme une politique visant à maintenir la population palestinienne dans des conditions de vie extrêmement difficiles.
Son intervention s'est conclue par plusieurs revendications : suspension de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël, arrêt de la colonisation et de l'annexion des territoires palestiniens, fin de la coopération militaire avec Israël, application des décisions de la Cour internationale de justice et des mandats de la Cour pénale internationale, mais aussi acheminement d'une aide humanitaire suffisante à Gaza.
« Nous ne laisserons pas Gaza tomber dans l'oubli », a-t-elle déclaré.
Autre moment important du rassemblement : Françoise, de la Libre Pensée, a donné lecture d'un texte de l'historien Vincent Lemire consacré à la situation en Cisjordanie.
Le texte s'ouvre sur une dénonciation de l'inaction des gouvernements occidentaux face aux violences commises en Cisjordanie. Vincent Lemire y évoque notamment les tirs contre des Palestiniens, les morts parmi les jeunes, les attaques attribuées à des colons israéliens et les difficultés rencontrées par les secours.
Le texte cite notamment le cas de Sam Abou Haikal, un bébé palestinien de sept mois tué à Hébron en juin 2026 alors que sa famille circulait en voiture. L'armée israélienne avait déclaré que les soldats avaient eu le sentiment que le véhicule accélérait en leur direction. Une vidéo publiée par l'organisation israélienne B’Tselem a ensuite été présentée comme contredisant cette version ; une enquête de la police militaire israélienne a été ouverte.
Vincent Lemire développe ensuite trois sentiments face à la situation : « le dégoût, la colère et la honte ».
Son texte interroge particulièrement la responsabilité des gouvernements occidentaux. Il défend l'idée que la dénonciation des violences doit être accompagnée de mesures politiques concrètes.
Parmi les leviers évoqués figurent notamment la suspension du volet commercial de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël, les sanctions et la pression diplomatique.
La lecture a ainsi permis d'élargir la mobilisation doloise à la situation en Cisjordanie, alors que les regards restent largement concentrés sur Gaza.
Autre temps fort du rassemblement : Patricia, pour La France insoumise (LFI), a donné lecture d'un texte de Jean-Luc Mélenchon consacré au symbole du drapeau palestinien et à la solidarité avec le peuple palestinien.
Dans ce texte, Jean-Luc Mélenchon écrit que « le Palestinien est devenu la figure de l’opprimé quel qu’il soit », évoquant plus largement celles et ceux dont « l’humanité est niée ».
Il établit également un parallèle avec les mobilisations contre l’apartheid en Afrique du Sud et le rôle joué, à l’époque, par le drapeau de Nelson Mandela. Pour lui, le drapeau palestinien est devenu « un message universel de fraternité humaine ».
Cette lecture a apporté une autre dimension au rassemblement, en présentant la solidarité avec la Palestine comme un engagement dépassant la seule situation du Proche-Orient.
Dans son intervention, Laurence Bernier a résumé le mot d'ordre du rassemblement : « Halte à la guerre », mais aussi « halte au génocide à Gaza » et « halte à la colonisation en Cisjordanie ».
Elle a repris une formule du journaliste et dessinateur Joe Sacco, auteur de Requiem pour Gaza, selon laquelle « l'avenir de l'Occident se joue à Gaza ».
Les participants ont également demandé la libération de plusieurs prisonniers palestiniens, dont Marwan Barghouti et le docteur Hussam Abu Safiya, ainsi que le respect du droit au retour des réfugiés palestiniens.
Autre revendication : la protection de l'UNRWA, l'agence des Nations unies chargée de venir en aide aux réfugiés palestiniens.
Après les différentes prises de parole, les participants ont poursuivi leur rassemblement jusqu'à la sous-préfecture.
Cette mobilisation du 19 septembre s'inscrit dans une série d'initiatives organisées à Dole par le collectif Dole Palestine. Les participants entendent poursuivre ces mobilisations et maintenir la situation du peuple palestinien dans le débat public.
« Nous continuerons à nous mobiliser », a déclaré Nadine Herrmann.
![]() | Laplagne AlainMilitant associatif et politique Rédacteur Trente-neuf degrés |