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Le grand lac de Desnes: le combat continue #3

A Desnes, le combat pour l'accès au lac continue.

Voir les articles précédents :



Depuis plusieurs mois, l’association "Libres comme l’eau" tente de faire entendre la voix de celles et ceux qui fréquentaient depuis des années ce lieu pour flâner et surtout se baigner.


Une fermeture qui ne passe pas

La Communauté de communes Bresse Haute Seille a décidé de louer la totalité du lac à une société de pêche no kill, la SAS Évasion Pêche Jura, pour son projet Fabulac. 
Ce qui provoque la colère: c’est l’impossibilité d’accéder au bord de l’eau pour s’y poser ou s’y baigner. Avec cette nouvelle occupation, l’accès au lac a été fermé pour tout le monde sauf pour les clients de Fabulac (40€ la séance d’un jour). La justification avancée est que le terrain appartient à la Communauté de communes et que les lieux ont été loués à la société de pêche.
Une réponse qui ne satisfait évidemment pas "Libres comme l’eau". Pour l’association, la propriété publique ne devrait pas signifier que les usages collectifs d’un espace naturel peuvent être supprimés sans concertation.
Jusqu’à la fin de l’année 2025, personne ne semblait pourtant s’en émouvoir : on pouvait accéder au lac, se promener et se baigner.

Puis, le 12 décembre 2025, une grille verrouillée est installée à l’entrée du principal chemin d’accès depuis la route de Lombard.
Des caméras sont également mises en place tout autour du lac (aucun espace non surveillé).



Pour les membres de l’association, c’est une rupture nette. Depuis cette date, les différents sentiers auparavant empruntés par les promeneurs et les nageurs sont devenus inaccessibles, avec des barricades, des grillages et des installations qui en bloquent les accès.

Et avec cette fermeture une conséquence très concrète : il faut désormais parcourir une bonne cinquantaine de kilomètres au moins pour trouver une autre étendue d’eau accessible.

75 adhérents et beaucoup de rendez-vous

Face à cette situation, des usagers, qui se sont appuyés sur la pétition « Lac de Desnes » qui a réuni plus de 850 signatures, ont créé "Libres comme l’eau". L’association compte aujourd’hui 75 adhérents, aux profils différents mais réunis par une même volonté : retrouver un accès au lac.

Pétition "Le lac de Desnes"

Les demandes de rendez-vous auprès des responsables de la Communauté de communes se sont multipliées, avec des résultats particulièrement décevants.
Lors d’une rencontre avec Jean-Louis Maître, le président d’alors, "Libres comme l’eau" avait notamment demandé qu’un petit espace soit laissé libre afin de permettre la baignade.
La réponse fut une nouvelle fois fondée sur la propriété du site.
Au printemps, l’association espérait également pouvoir s’exprimer lors de réunions publiques. Elles n’ont finalement pas eu lieu.

Les courriers ont alors continué à partir, notamment à destination de M. Lamberger, président actuel de la Communauté de communes, et de M. Tournier, maire de Domblans et nouveau vice-président de la Comcom en charge du développement touristique.

A partir de la fin du mois de mai, plusieurs délégations ont été finalement reçues par M. Tournier, accompagné d'un salarié de la Comcom.
Mais ces rencontres n’ont pas permis de faire évoluer la situation. La Communauté de communes a maintenu sa position concernant l’accès au site. Seule perspective évoquée : une possible ouverture de certains sentiers aux promeneurs à partir de la Toussaint.
Pour "Libres comme l’eau", cette annonce arrive bien tardivement, puisque la fermeture concerne précisément les mois où l’accès à un point d’eau est le plus recherché.

Quelle activité pour quel usage ?

D’après la convention signée en mars 2025 entre la Communauté de communes et Évasion Pêche Jura, le loyer annuel demandé est de 3500€ et cela pour 5 ans.

L’association s’interroge sur les conséquences de l’activité de la société de pêche installée sur le site.
Ils entendent rester vigilants sur les conséquences environnementales de cette activité, notamment concernant l’utilisation d’appâts et leurs éventuels effets sur la qualité de l’eau et l’écosystème du lac.
Pour l’association, ces questions auraient dû être examinées avant toute décision d’aménagement ou de changement d’usage du site.
Elle estime notamment qu’aucune véritable étude préalable sur la faune n’a été menée.

Le combat continue

"Libres comme l’eau" n’entend pas abandonner.
L’association souhaite poursuivre ses courriers auprès des maires des communes concernées, estimant que certains élus ne mesurent pas la réalité de la fermeture des différents accès et  l'impossibilité de nager en eaux libres hors saison dans la région.

Elle continuera également à suivre ce qui se passe sur le site et à demander des explications sur son occupation et son devenir.
Car au-delà de la question de la baignade, c’est bien la gestion d’un espace naturel et la place laissée au public qui sont posées.

À Desnes, celles et ceux qui défendent l’accès au lac ne demandent pas que le site soit livré à n’importe quel usage. Ils demandent qu’un espace reste accessible pour flâner, se promener et surtout nager.
Et l’été que nous venons de vivre donne à cette revendication une dimension nouvelle.


Un enjeu écologique face au réchauffement climatique

Les canicules successives ont rappelé avec brutalité que le réchauffement climatique n’est plus une perspective lointaine. Lorsque les températures s’envolent, les points d’eau et les espaces naturels deviennent des lieux essentiels pour se rafraîchir, pratiquer une activité physique et simplement supporter les fortes chaleurs.

En conséquence, un lac n’est pas seulement un espace de loisirs. C’est aussi un îlot de fraîcheur et un point d’eau indispensable dans un territoire confronté à des épisodes de chaleur de plus en plus fréquents.

Fermer l’accès à un tel espace conduit mécaniquement à reporter les usages ailleurs et à obliger les personnes qui souhaitent simplement se baigner à parcourir des kilomètres supplémentaires.

Dans un contexte où les collectivités devraient anticiper les conséquences du dérèglement climatique, préserver et rendre accessibles les points d’eau apparaît donc comme une nécessité.
Le lac de Desnes devrait pouvoir être pensé comme un bien naturel à protéger, mais aussi comme un bien commun à partager.


C’est aussi pour cela que "Libres comme l’eau" continue le combat.

Association "Libres comme l'eau"
Présidente: Claire Chapuis Ravier
Trésorier: François Ravier
Secrétaire: Sylvette Bailly
Adhésion: 10€

Pages Facebook :



Laplagne Alain

Militant associatif et politique

Rédacteur Trente-neuf degrés

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