Les prises de parole ont alterné avec les chants du collectif Nous Toutes 39 et la lecture d’un poème par un participant. Voici quelques extraits.
Collectif des jeunes contre la guerre.
Il faut savoir que dans l ‘éducation
8,5 milliards ont été versés pour la militarisation de la jeunesse. Il y a des journées « citoyenneté » avec des levers de drapeau, où on chante la Marseillaise, une campagne de recrutement dans l‘armée, l’ouverture de « classes défense » qui vont s’installer dans le Jura dont une à Dole. C’est la période post-Bac, et des offensives vont avoir lieu pour promouvoir ces classes. Nous disons aux jeunes : ne prenez pas cette option, ce n’est jamais une bonne idée d’aller se faire massacrer pour des conflits qui ne nous concernent pas.
Parents, parlez avec vos jeunes, dites-leur que même si on leur promet d’être logé-nourri-blanchi, ça n’en vaut pas la peine. On sait qui sera envoyé à la guerre : les jeunes de quartiers, les jeunes immigrés, les jeunes marginalisés. On est là aujourd’hui pour vous dire que personne ne devrait aller à la guerre.
Nous, lycéen·es, étudiant·es, jeunes travailleur·euses, disons: Non au service militaire ! Macron, nous ne voulons pas de ta guerre ! Nous n’irons pas !
AFA 39
Le racisme, c’est une technologie de pouvoir, c’est une arme de gouvernement et d’aménagement du territoire, c’est une arme qui renforce tout un arsenal dirigé vers la bourgeoisie au pouvoir. Parfois c’est une arme électorale, et quand ça ne marche pas avec les bulletins de vote, c’est une arme dictatoriale. C’est toujours une arme, qui se plante dans la conscience des peuples et les retourne contre eux-mêmes.
Car le racisme n’est pas que diviser pour régner, c’est aussi déshumaniser pour massacrer. Le racisme, c’est le langage qui rend acceptable la violence et la guerre, c’est le véhicule du meurtre industrialisé quand ce sont des larges populations qu’il faut soumettre à l’intérêt du capital. La France est un état raciste, pas parce qu’elle est devenue raciste, mais parce que la construction même de l’État en France, républicain ou non, s’est faite avec le racisme et pour le racisme.
Le racisme est systémique, cela veut dire que ce n’est pas quelque chose qu’on décide soi-même d’adopter ou d’abandonner: on baigne dedans. L’extrême-droite se fait une religion cynique de la haine et de la division pour renforcer l’aliénation d’une partie des masses populaires. Le racisme est un credo pour les arrivistes qui cherchent le pouvoir et les suffrages de la frustration ; mais ce n’est que la pointe émergée du coutelas qui sépare notre conscience de classe. L’extrême-droite n’est pas encore au pouvoir et pourtant des politiques racistes sont menées depuis des décennies.
La France Insoumise.
Cette mobilisation nationale, elle part de Saint-Denis, où le 4 avril dernier plus de quinze mille personnes ont dit non à la haine. Cette haine qui, après les élections municipales, s'est déchaînée contre des élus, simplement à cause de leur nom ou de leur couleur de peau.
Le racisme et l'extrême droite, c'est ici aussi, dans nos petites villes, que ça progresse. Et souvent dans le silence.
Alors ce qu'on fait ce matin, ça compte. Que le Jura se lève. Que même à Lons, dans un département rural, des voix s'élèvent pour dire non, fort et clair. C'est important. Et c'est pour ça qu'on est là.
On est là parce que le racisme, c'est systémique. Et le plus grave, c'est qu'il se banalise, il s'installe, il grimpe jusqu'au sommet de l'État. Quand les discours de l'extrême droite sortent de la bouche de ministres, quand les pires préjugés s'invitent dans nos institutions, alors oui, il faut le dire haut et fort : ça suffit.
Et cette banalisation est fabriquée. Aujourd'hui, une poignée de milliardaires possèdent l'essentiel des médias, et ils en font des machines à répandre la peur et la division. Sur leurs chaînes d'info en continu, on déroule le tapis rouge à l'extrême droite, on transforme des préjugés racistes en « débats », on désigne les étrangers, les musulmans, les pauvres comme la source de tous nos maux. Ce matraquage, jour après jour, ce n'est pas de l'information : c'est un poison. Et nous, on refuse de le boire.
Racisme, antisémitisme, islamophobie, haine des étrangers, mépris des plus pauvres : c'est toujours la même logique. Diviser. Nous monter les uns contre les autres. Faire croire à celui qui galère que son problème, c'est son voisin, son collègue, sa religion ou sa couleur de peau. Pendant ce temps-là, ceux qui licencient, ceux qui ferment nos services publics, ceux qui s'enrichissent sur notre dos, eux, ils dorment tranquilles. Cette division, c'est leur fonds de commerce. Nous, on ne tombera pas dans le panneau.
Ici, dans le Jura, l'extrême droite fait des scores élevés, jusque dans nos villages.
Mais le Jura, c'est aussi la terre des coopératives, des gens qui s'entraident, qui tiennent bon, qui ne se résignent pas. Et c'est cette force-là qu'on est venus faire entendre ce matin. Et demain, on continuera de marcher, d’avancer, jusqu'à ce qu'ils reculent.
Nous voulons dire à toutes celles et ceux qu'on désigne, qu'on insulte, qu'on rejette à cause de leurs origines, de leur foi ou de leur couleur de peau : vous n'êtes pas seul·es. Nous, à La France insoumise, on le dit sans détour : on est une force antifasciste. Et on est fier·es d'être aux côtés de celles et ceux qui luttent.